AVIATION FRANCAISE

LES FAFL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il ne faut pas oublier que l’aviation française a brillamment tenu son rôle pendant la campagne de France. En effet, elle a le palmarès suivant : 10 000 sorties entre le 10 mai et le 25 juin 1940 et abattu 594 avions allemands, qui manqueront à la Luftwaffe au moment de la bataille de l’Angleterre. Mais elle a payé le prix fort : plus de 647 avions abattus, 582 tués et 549 blessés.

Le 18 juin 1940, après le célèbre appel radiodiffusé, une poignée d’aviateurs décide de rejoindre le général de Gaulle. Pilotes ou mécaniciens deviennent les premiers éléments des forces françaises libre (FAFL).

Le 28 juin, le gouvernement Britannique reconnaît le général de Gaulle comme le chef de tous les français libres qui se rallient à lui pour la défense de la cause alliée.

Il faudra attendre une année (juillet 1941) pour voir les unités se structurer. Ses unités donnent naissance à des grandes formations (Groupe de chasse Alsace, Ile de France, Groupe de bombardement Lorraine, etc…) toujours célèbres pour leur action sur tous les théâtres d’opérations.

Mais quid pour commander ses aviateurs ? Un seul officier supérieur de l’armée de l’air s’est présenté au général, le commandant Lionel de Marnier. Il faut être au moins général pour prétendre au poste. C’est pourquoi le 1er juillet 1940, les FAFL seront sous le commandement d’un marin. Eh oui, l’Amiral Muselier prend le commandement des forces maritimes françaises restées libres et provisoirement des forces aériennes.

Le 14 juillet 1940, le général de Gaulle passe en revue les troupes de cette nouvelle armée. 25 légionnaires, une section de chars de combat, 30 marins et 40 aviateurs.

Le flux des français qui rejoignent l’Angleterre n’est qu’un mince filet en comparaison de ceux qui recherchent à retourner en France.

Ce n’est pas facile de déserter, car rejoindre le général de Gaulle s’est devenir un rebelle, entrer dans l’illégalité. C’est la suppression de la solde pour les familles, la perte de la nationalité française. C’est la perspective, si la guerre dure longtemps d’être séparé de sa patrie, de sa femme, de ses enfants, de sa maison. Si l’Angleterre tombe, c’est la prison, la dégradation, le déshonneur et peut être même fusillé.

Des hommes courageux au combat ne veulent pas devenir des hors-la-loi.

Le dilemme est là. Suivre des anglais qui dans l’esprit de beaucoup, a volontairement sacrifié les français à Dunkerque ? Le 3 juillet, c’est une terrible tragédie qui tombe sur Mers El-Kébir. Les français présents en Grande-Bretagne lisent dans la presse d’insolents communiqués de victoire, et peu après le général de Gaulle affirme qu’il condamne ce geste mais qu’il comprend les raisons des britanniques. Les plus hésitants rejoignent la France.

En décembre 1940, 7000 personnes dont 500 FAFL sont au côté du général.

Le ralliement n’a pas été simple, c’est une aventure pour chacun d’entre eux, une véritable évasion, souvent périlleuse. Je ne peux pas tous les citer ici.

Chaque mois, en moyenne, une trentaine de nouveaux arrivants viennent se joindre à eux.

En 1941, les effectifs plafonnent à 1000 personnes environ, les pertes subies étant compensées par les apports successifs.

Peu d’officiers, seulement 19,2% dont la plupart sont des officiers de réserves.

Les sous-officiers représentent 39,5% et les hommes de troupes 41, 3%, mais un grand nombre de ces derniers sont en fait des élèves à l’instruction qui ont vocation à devenir cadre.

Au niveau des métiers : 38% de pilotes et d’élèves pilotes, 27% de mécaniciens, 18% de mitrailleurs, radios et observateurs, 9% de services général et 7% de diverse spécialités.

63% des effectifs ont moins de 25 ans, 32% moins de 40 ans et 5% de plus de 40 ans.

 

Il faut donc former ses jeunes « combattants ». Trois centres (St-Atham, Camberly et Odiham) ouvrent leurs portes au FAFL. Nos recrues se familiarisent avec les techniques de vol et surtout le matériel britannique. Ils peuvent conserver leurs uniformes français, mais doivent se plier à la discipline anglo-saxonne. Ce qui ne va pas être de tout repos.

Malgré le désir du général de Gaulle de constituer des unités 100% française, le faible nombre des FAFL et le déséquilibre de leurs spécialisations ne permet pas de le faire dans l’immédiat.

Après un court entraînement opérationnel, 13 pilotes rejoignent à compter du 1er août 1940 des squadrons de chasse de la RAF qui participent à la Bataille d’Angleterre, dont l’issue va être décisive pour l’avenir de la Grande-Bretagne. Dix de ces pilotes seront ultérieurement abattus. Parmi les trois autres, un des survivants, Jean Demozay, a une carrière brillante dans la RAF, dont il commandera un squadron. Il a 22 victoires lorsqu’il est retiré des opérations fin 1942.

 

En janvier 1941, 17 français servent dans les squadrons du fighter command 32, 73, 91, 92, 111, 132, 241, 242, 607 et 615. Mais le plus souvent nous voyons l’intégration d’escadrille française dans les squadrons. Le 8 juillet 1940, apparaissent les free french flight 1, 2 et 3 au Moyen-Orient

 

1er juillet 1941 : Le colonel Martial VALIN devient officiellement chef d’état-major des FAFL, il succède donc à l’amiral Muselier. L’amiral peut donc se concentrer 100% à la marine.

Le 1er aout de la même année, le colonel VALIN est promu général, puis le 24 septembre, commissaire national à l’air. C’est à lui que revient la création des grandes unités FAFL.

 

Le rattachement de l’Afrique équatoriale française va permettre au FAFL de s’enrichir du détachement permanent des forces aériennes du TCHAD. (Potez 25 et 29, Bloch 120).

Des détachements aériens sont créés au Moyen-Congo et au Gabon.

En 1941, une guerre civile courte entre français va se dérouler au Levant. Les vichystes déposent les armes le 14 juillet. Seulement 10% des aviateurs signent pour les FAFL. En revanche, elle fournit aux FAFL l’infrastructure qui leur manquait. Ainsi la 1re escadrille de chasse, renforcée d’éléments venus d’Angleterre, d’Afrique du Nord et même de France, affectée à Rayak (Syrie), y constitue, dès le 15 septembre 1941, le groupe « Alsace », placé sous le double commandement des capitaines Pouliquen et Tulasne; à la tête de ses deux escadrilles, les lieutenants Littolff et Denis (bientôt remplacé par Yves Ezanno) sont chargés de l’entraînement des hommes. Le groupe « Alsace » n’accomplira que des missions secondaires en Egypte et en Libye avant de gagner l’Angleterre (septembre 1942).

 

Après cette tentative, peu couronnée de succès, il faut attendre l’opération TORCH en novembre 1942 pour retrouver une occasion de fusion entre les deux armées. Le 1er juillet 1943, l’armée d’Afrique du Général GIRAUD rejoint les FAFL, c’est maintenant le renouveau de l’armée de l’air. Seuls ceux qui ont choisi de poursuivre le combat alors que l’issue de la guerre était bien incertaine (avant juillet 1943), les combattants de la première heure, ont le droit de porter le titre glorieux de membre des FAFL.

Les ralliements extérieurs porteront les effectifs à 3000 environ, à la date du 31 juillet 1943.

 

Depuis le début de 1942, les FAFL sont équipées en appareils performants (Spitfireet Boston), qui confèrent à leurs équipages une efficacité accrue. Au printemps, le général Valin se trouve désormais à la tête d’une force appréciable : 126 avions, 339 navigants, qui se déploient sur plusieurs théâtres d’opérations en Europe occidentale, en Afrique, au Moyen-Orient. Après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, qui entraîne la fusion entre les forces françaises présentes en AFN et les FAFL sous le nom de « Forces aériennes françaises » (FAF), la conférence d’Anfa (janvier 1943) décide de réarmer l’aviation française rassemblée en la dotant de 1000 avions supplémentaires. De Gaulle et Giraud se mettent d’accord pour constituer une force aérienne indépendante, correspondant à celle d’une armée de terre de huit divisions. Au sein des FAF, les FAFL continuent, alignant à présent 3 700 hommes, dont plus de 800 navigants.

 

Free French Flight : Le 3 juillet 1940, en Egypte des pilotes française engagés dans la RAF constituent trois petites unites.

FBF 1 (Number One French Bomber flight) : Constitué à Aden avec deux Glenn martin et dissous après la perte des deux appareils, en septembre et décembre 1940, tuant 5 membres d’équipage.

FFF 2 (Number two french fighter flight) : Créé à Haïfa en Palestine avec trois Morane Saulnier 406 basé à Ismaïla (Egypte) et un Potez 63-11 du GAO 583 et du GR 2/39 de DAMAS.

En janvier 1941, l’unité retourne à HELIOPOLIS et équipée maintenant d’HURRICANE, avec pour mission « protéger » le canal de Suez. Quand le maréchal Rommel lance l’offensive sur Tobrouk, l’escadrille rejoint, en mars Marsa Matrouh et intégre le squadron 274.

 

FFF 3 (Number three French Communication flight): Mis sur pied à Héliopolis. Il est équipé d’un Simoun 158 et un Bloch 81. Elle aura une durée éphémère et sera absorbée dans les autres unités FAFL.

 

First Fighter Group (Groupe de combat numéro 1) : baptisé « Jam ».

Il voit le jour à Odiham en Angleterre, le 29 août 1941, par le commandant Lionel de Marmier.

Il est composé de quatre escadrilles mixte.

Escadrille de chasse : 2 Dewoitine 520

Escadrille de bombardement : 6 Bristol Blenheim

2 Escadrilles de reconnaissance : 2 Caudron Luciole français et 6 Lysander britannique.

 

Opérations :

Avec l’accord du premier ministre Britannique Winston Churchill, le FFG participe à l’attaque de DAKAR. C’est un échec, l’unité va perdre ses 2 lucioles (retenus par les autorités du régime de Vichy) ! Le général de Gaulle va se rendre compte que les forces aériennes de l’armée d’armistice sont attachées au régime de Vichy. Les FAFL perdirent six hommes et quatre appareils. L’unité est dissoute le 10 décembre.

A la fin de 1940, une partie de Jam part pour la Lybie et participe à la bataille de la Crète. Le reste fusionne avec l’escadrille (TOPIC) des FAFL créée le 8 juillet 1940. Ensemble ils forment le groupe réservé de bombardement numéro 1 (GRB 1).

 

GRB 1 (groupe réservé de bombardement numéro 1) :

Commandé par le commandant Astier de Villatte.

Premier groupe FAFL à voir le jour. Elle quitte l’Angleterre à la mi-octobre 1940 pour être acheminée vers l’Afrique Equatoriale, plus précisément sur le Tchad.

Comprend deux escadrilles de six Blenheim chacune: l’escadrille de bombardement de l’opération Menace stationnée à Fort-Lamy et l’escadrille de bombardement (ex-topic) basée à Maïdugari.

Le groupe en coopération avec le détachement Leclerc prend part à la bataille de Koufra. Après plusieurs missions de reconnaissances photographiques réussies au-dessus de l’oasis, le GRB1 ne sera pas en mesure de détruire les installations italiennes, faute d’équipements et de munitions. Après la chute de Koufra (1er mars 1941), l’unité est dirigée, en avril, sur Khartoum (Soudan). Elle est rattachée au Group 203 de la RAF, six appareils participèrent avec plus de succès aux opérations en Erythrée. Elle rejoint DAMAS à l’été 1941.

Puis elle va se couper en plusieurs escadrilles. L’une intègre le groupe 202 de la RAF où elle continue le combat face aux italiens en Abysinie.

Des éléments du GRB1 sont rassemblés et, à partir de l’été 41, intégrés au groupe « Lorraine ».

 

L’escadrille de chasse numéro 1 créée le 1er décembre 1940 à BRAZZAVILLE. Elle est dirigée en mars 1941 sur l’Egypte pour l’opération WESTERN-DESERT en LIBYE, elle est incorporée au squadron de chasse 73 où elle effectuera des missions au-dessus de la Grèce et de la Cyrénaïque. Les quelques pilotes restants du FF2 (dissous en juin 1941) sont absorbés dans l’EC1. La majorité des pilotes sont décorés de la croix de la Libération, l’EC1 est la première des 18 unités FAFL à recevoir la croix de la libération. L’unité est le noyau autour duquel le GC1 deviendra le Groupe Alsace.

 

GRB 2 (groupe réservé de bombardement numéro 2) :

Formée à BRAZZAVILLE en mars 1941, elle est équipée de 8 GLENN MARTIN. Après un passage sur TAKORADI, elle est basée au Caire en mai, puis SHANDUR, elle est rattachée au Squadron 223 de la RAF. Comme le GRB1, elle rejoint la Syrie.

 

ELAM (Escadrille de liaison) :

Elle va assurer la liberté de transport aérien de la France Libre. Elle est sous le commandement du colonel de Marnier.

 

La mise sur pied de la plupart des groupes Alsace, Lorraine, Bretagne, Picardie et Artois fut réalisée rapidement avec du matériel britannique. Il n’en sera pas de même pour les unités de l’Ile de France et pour le Normandie.

 

Groupe « Alsace » :

Comme nous l’avons vue, jusqu’à l’été 1941, les troupes sont engagées en ordre dispersé.

Le 1er septembre 1941, le groupe Alsace né de la fusion de FREE FRENCH FLIGHT 2 et de l’escadrille de chasse numéro 1.

Novembre 1942, le groupe fait mouvement pour l’Angleterre.

19 août 1943 est une date tragique pour les FAFL, en effet, René MOUCHOTTE commandant l’Alsace est abattu. Il venait d’abattre le 1000ème avion de l’axe homologué au Wind de Biggin Hill. Il est surtout le premier français à commander un squadron de la RAF.

Autre grande figure, Pierre Clostermann, il sera l’as des as français de la seconde guerre mondiale avec 33 victoires, lui aussi aura le commandement d’un wing équipé d’avions Tempest.

 

Groupe « Lorraine » :

Le 24 septembre 1941, est créé le groupe de bombardement « Lorraine », héritier du GRB1. D’abord basé près de Damas, sous les ordres du commandant de Saint-Péreuse, il est ensuite transféré en Egypte, où le lieutenant-colonel CORNIGLION-MOLINIER prend son commandement (24 octobre 1941). Ses premiers objectifs sont les colonnes blindées de Rommel en Cyrénaïque. En décembre, le colonel PIJEAUD, son nouveau chef, sera abattu et capturé par les italiens au cours d’une mission au-dessus de Benghazi. Il va décéder quelques jours plus tard A nouveau commandé par SAINT-PEREUSE, « Lorraine  » harcèlera les poches de résistance ennemies de HALFAYA et BARDIA. Après 380 missions, le groupe sera affecté à mes missions de surveillance côtière le long des côtes de Palestine jusqu’à son départ pour l’Angleterre (automne 1942).

Novembre 1942, comme le groupe Alsace, le Lorraine se dirige vers l’Angleterre, rejoindre le groupe Ile de France.

Lors du débarquement en Normandie, le groupe subit de lourdes pertes. Il va perdre six équipages dont quatre lors de la nuit du 4 août 1944 au sud de Caen.

 

Groupe « Ile de France » :

TURNHOUSE, en Ecosse, le 1er Free french squadron 340 sur Spitfire MK IX voit le jour le 7 novembre 1941.

Il est composé de deux escadrilles (Paris et Versailles).

Il accomplira sa première mission de guerre au sein d’une formation alliée le 10 avril.

Le groupe a participé à la bataille d’Angleterre, le Raid de Dieppe et aux campagnes de France, Belgique, Hollande et d’Allemagne. 7500 sorties et remportent 75 victoires.

Lors du raid de Dieppe le 19 août 1942, le « Ile de France » participe à l’opération avec ses 32 pilotes. L’activité est intense avec deux missions par jour. En parallèle du groupe Ile de France, une vingtaine de pilote français participent au raid dans les unités de la RAF. Le commandant FAYOLLE leader du 174 squadron, il laissera sa vie ainsi que quatre autres pilotes français abattus.

Groupe « Bretagne » :

Les origines du Bretagne remontent au mois de juillet 1941 lorsque le gouvernement Britannique propose au Vice-Amiral Muselier d’augmenter de 12 à 14 plus 4 avions en réserve. Le nombre des Lysander opérant en Afrique équatoriale française. Le groupe créé en janvier 1942 avec deux escadrilles, Rennes avec 6 Lysander et 3 Potez 29, et Nantes avec 3 Glenn Martin 167F et une section de liaison avec un Potez 540 et deux Potez 29. Il va participer activement à la campagne d’Erythrée. Il va être stationné à la frontière algérienne et percevra 10 mois plus tard des B-26 Marauder.

 

Groupe « Normandie » :

En janvier 1942, afin de renforcer les relations de la France Libre et de l’URSS, de Gaulle décida d’envoyer un groupe de chasse sur le front de l’Est. La négociation est conduite par le général Petit, chef de la mission militaire française à Moscou. Les négociations dureront onze mois. Le « groupe de chasse n° 3 », comprenant 30 aviateurs et 30 techniciens, emmené par le commandant POULIQUEN, quitta Rayak le 12 novembre pour rejoindre la base d’Ivanovo, au nord-est de Moscou. Successeur de POULIQUEN, TULASNE lui trouvera bientôt un nom : « Normandie » et ses trois escadrilles furent baptisées « Le Havre », « Rouen » et « Cherbourg ». La première mission de guerre sera effectuée le 26 mars 1943. En juillet, une quinzaine de Français furent engagés dans la grande offensive d’Orel : il y eut plusieurs tués, dont le commandant TULASNE, remplacé à la tête de « Normandie » par le commandant POUYADE. A l’automne 1943, au moment où il sera envoyé au repos à Toula, le groupe était crédite 77 victoires, mais déplorait la perte de 21 pilotes.

Le groupe Normandie est transformé en régiment « Normandie-Niémen » à cause de pertes élevées mais dont le nombre de victoire dépasse la centaine. Le régiment recevra continuellement des renforts de pilotes venant des unités d’Afrique du Nord.

Quatre pilotes durent élevés à la dignité de héros de TULASNE.

Le Normandie-Niémen termine la guerre avec 273 victoires et la perte de 42 pilotes sur 96.

 

Groupe « Artois » :

Le groupe est créé le 3 Août 1942 à Pointe-Noire en Afrique Française libre, il effectue des missions de Coastal command à Bangui. Ses deux escadrilles de Lysander et d’avro Anson étaient stationnées à Pointe-Noire, Douala et Libreville., et chargées de faire la chasse aux sous-marins allemands opérant dans le Golfe de Guinée. Au fil des mois l’équipement de cette unité fut diversifié et comprit, outre des Lysander et des Anson des Lockheed Lodestar, des Bloch, des Wellington et des avions sanitaires Howard DGA et Airspeed Oxford.

 

Groupe « Picardie » :

Il vit le jour en juin 1943 à DAMAS. C’est la dernière des unités FAFL à être formée. Sa mission consistait essentiellement à patrouiller au-dessus du désert et à assurer des tâches de surveillance côtière pour la Méditerranée orientale. Ses deux escadrilles étaient dotées de Blenheim pour une escadrille et de Potez 25 TOE (Théâtres d’opérations Extérieurs, version préparée pour les régions tropicales) pour l’autre. Une troisième escadrille va voir le jour en 1944, équipée de Blenheim.

 

Le premier FAFL tué au combat.

Henri Bouquillard, né le 14 juin 1908 à Nevers (Nièvre). À la fin de ses études au lycée de Nevers, Henry Bouquillard devance l’appel et effectue son service militaire au 13S bataillon de chasseurs alpins, puis se rengage jusqu’en 1932 au titre du 35e régiment d’infanterie. Passionné par l’aviation, il obtient son transfert dans l’armée de l’air au titre de la réserve. Rappelé à l’activité le 2 septembre 1939, il est dirigé le 10 mai 1940 sur le bataillon de l’air 108 de Montpellier. Le 25 mai 1940, il rejoint comme moniteur l’École de pilotage de Marrakech. Dès les premières rumeurs de la signature d’un armistice, le sergent Henri Bouquillard, très affecté par la défaite de la France, alors qu’il ne s’est pas battu, décide de rallier la Grande-Bretagne. Il se rend à Casablanca pour y chercher un embarquement. Il réussit à embarquer clandestinement sur le cargo Oak Crest, affrété par le gouvernement britannique pour évacuer des troupes polonaises vers la Grande-Bretagne. Le 30 juillet, Henri Bouquillard rejoint la School ofArmy Coopération. Il sera le premier pilote des FAFL tué en combat aérien le 11 mars 1941.

Conclusion :

La participation de pilotes volontaires des nations alliées n’était, pour la RAF, qu’un appoint, mais d’une forte valeur symbolique. L’Angleterre n’était plus tout à fait seule à se dresser contre l’Allemagne ; les Français libres avaient ouvert la voie.

Effectifs

Au 25 juin 1943 (Source SHD, section armée de l’air, 4D9)

-          440 Pilotes

-          166 Elèves Pilotes

-          99 Observateurs

-          17 Elèves Observateurs

-          200 autres Navigants

-          586 mécaniciens élèves

-          519 du service général

-          251 de l’infanterie de l’Air

-          440 indigènes de l’AFC et 966 autochtones (Moyen-Orient).

 

Bilan des FAFL

121 Compagnons de la Libération

5 Unités faites Compagnons de la Libération (2e FFF-début 1941 – «Alsace», «Île-de-France», «Lorraine» et «Normandie-Niémen»)

60 % du personnel navigant disparus (500 morts, 152 prisonniers).

De juillet 1940 à juillet 1943, le taux de pertes dans les unités FAFL avoisinait les 40% pour le personnel navigant. Ce taux était particulièrement élevé dans certaines unités. Ainsi au Normandie, il ne restait plus, en octobre 1943, que quatre pilotes sur les 24 engagés six mois plus tôt.

315 avions ennemis abattus officiellement, 35 avions détruits probablement, 67 avions endommagés, 6 bateaux coulés, 12 incendiés, 86 endommagés, sans compter quelques centaines de véhicules et matériels de toutes sortes détruits sur tous les fronts.

30 000 missions effectuées

Au total, les FAFL représentèrent au maximum 5000 hommes dans une guerre qui en mobilisa 90 millions, une goutte d’eau dans un océan. Mais l’action des FFL en général et des FAFL en particulier eut un immense impact politique, sans commune mesure avec leurs effectifs, parce que leur geste fut très utile au général de Gaulle et à la France libre. Non seulement les FAFL donnèrent une crédibilité et une force au gouvernement provisoire du général pour s’imposer politiquement aux britanniques et aux américains, mais ils constituèrent aussi une formidable arme psychologique. En effet, lorsque la radio de Londres racontait aux français de la métropole occupée les exploits des aviateurs, elle véhiculait un message d’espoir extrêmement puissant avec, surtout, le sentiment qu’il existait encore des héros, des « chevaliers du ciel » comme en 1914-1918, des hommes qui acceptaient délibérément de mourir pour la Patrie, accomplissant ce qu’ils considéraient comme un acte évident, simple et naturel pour l’honneur et le destin de la France.

 

 

A propos de form11

Nicolas de lemos Nicolas de LEMOS, 42 ans, marié 4 enfants, est passionné par l'aviation depuis sa tendre enfance. Atteint du virus de l'aéronautique, il devient le plus jeune guide cockpit du musée de l'air et de l'espace à 15 ans. Il passe alors ses week-end au musée de l'air où il s'évade dans des aventures aériennes. Les mercredis sont essentiellement consacrés au service historique de l'armée de l'air, où il étudie le manuel de vol de certains avions. Il s'oriente désormais pour l'histoire de l'aéronautique. En parallèle de ses études scientifiques pour la préparation de l'école de l'air, il passe son brevet de pilote de planeurs. Membre pendant 10 ans de l'association des amis du musée de l'air, il est actuellement le rédacteur en chef du SIOUX, dont l'objet est de relater l'histoire et la tactique militaire. Il est auteur de plusieurs articles sur l'histoire de l'aéronautique et de la tactique militaire.

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