AVIATION FRANCAISE

CAS II

LE CLOSE AIR SUPPORT II

L’appui feu : nécessité ou luxe ?

La seconde guerre mondiale, prémisse d’une doctrine…

L’appui- feu est une action aérienne contre des objectifs ennemis situés à proximité des lignes amies et qui exige une étroite coordination entre la mission air, la manœuvre et les feux des troupes amies.

Bien qu’elles soient considérées comme un facteur important du succès des opérations terrestres, les missions d’appui-feu, autrement appelé appui au sol ou appui aérien rapproché qui comprend la lutte anti-char (Close Air Support, CAS), ne sont pas la priorité premières des forces aériennes, ces missions n’arrivent qu’en troisième position après la supériorité aérienne et l’interdiction.

L‘appui au sol, parce qu’il n’est ni un duel entre « chevaliers du ciel », ni une frappe ponctuelle contre un ennemi bien identifié, n’est pas aussi prestigieux. Les missions d’appui sont néanmoins exigeantes ; elles imposent aux pilote de « se salir les mains » et de prendre l’ennemi à partie sur son propre terrain. Comme on très bien fait nos pilotes dans les derniers conflits comme l’Afghanistan, etc…

Ce sont les Allemands qui, lors de la campagne de Pologne en septembre 1939, ont été les premiers à utiliser de façon systématique l’appui au sol.

Pour la Luftwaffe, l’importance de cette mission justifiait la présence d’unités spécialisées dans le bombardement en piqué et l’attaque des troupes au sol. Les premiers appareils consacrés à ces missions ont été les biplans He-123 et le Junker JU-57 Stuka (Sturzkampfflugzeug, avion de combat en piqué), suivi plus tard du Henschel Hs-129 B.

Hs-129 B

JU-57 Stuka

He-123

 

Le JU-57 Stuka a été le premier avion conçu exclusivement pour le bombardement en piqué. Un angle de descente presque vertical permettait au pilote de larguer ses bombes dans les meilleures conditions de précision et d’efficacité.

Les Stuka se sont taillés une sinistre réputation due à la terreur et la destruction qu’ils semaient, mais ils étaient en faites extrêmement vulnérables. Ils manquaient de protection et de maniabilité et leur rayon d’action était faible. La plupart des avions produits ont été détruits au combat. Ils ont été utilisés pour reconnaître les concentrations et les mouvements ennemis et pour compléter l’action de l’artillerie.

Plus tard, durant la campagne de Russie, ils ont été employés dans un rôle anti-char, le maître en la matière étant le célèbre Hans Ulrich Rudel (auteur du livre « pilote de stuka »). Pour ce rôle, la cellule avait été blindée ; l’armement consistait en deux canons de 37mm fixés sous les ailes.

 

Le Henschel Hs-129 a été un autre appareil spécialisé dans l’appui aérien rapproché. Le cockpit de ce bimoteur monoplace était blindé.

Outre des bombes et des roquettes, l’armement de bord comprenait deux canons de 20mm et deux mitrailleuses ; les 20mm furent progressivement remplacés par un seul tube de 30mm en nacelle ventrale ; sur certains appareils, le calibre de l’armement principal est passé à 37mm, voire à 75mm ; Le plus gros calibre jusqu’à ce qu’un 105mm équipe les AC-130 Spectre au Vietnam.

 

 

 

 

 

 

 

Un système d’attaque des blindés avait été mis au point pour les appareils de ce type engagés sur le front de l’Est ; des roquettes à trajectoire verticale étaient tirées automatiquement sous l’influence d’un capteur photo électrique qui détectait les chars survolés par l’avion.

Les escadres de bombardiers en piqué et d’avions d’assaut s’en prenaient en général aux unités en mouvement, aux réseaux de voies de communications et aux ouvrages fortifiés.

L’appui aérien rapproché allemand a été couronné de succès aussi longtemps que la Luftwaffe a pu conserver la supériorité aérienne ; mais quand celle-ci a été perdue, l’appui aérien a perdu son efficacité et les unités spécialisées dans cette mission ont été pratiquement anéanties.

Les soviétiques se sont révélés eux aussi de chauds partisans de l’appui au sol. L’armée de l’air soviétique n’était d’ailleurs considérée que comme un moyen tactique chargé de compléter l’action des forces terrestres ; à ce titre, le soutien à l’armée de terre était une de ses priorités premières.

Deux types d’appareils spécialisés étaient utilisés : l’Ilyouchine Il-2 BronirovaniSturmovik et le Petlyakov Pe-2. Le Il-2, fortement blindé, pouvait emporter un armement offensif très varié. Le type

 

l’Ilyouchine Il-2 BronirovaniSturmovik

3 (Il-2M3) disposait, lui, de deux canons de 37mm. Tous les Il-2 étaient dotés de rails montés sous les ailes pour le tir de roquettes. Plus de 35 000 appareils de ce type furentconstruit.

 

Pour les alliés occidentaux, l’appui aérien rapproché n’était pas considéré comme une mission prioritaire et aucun appareil spécialisé n’a été produit pour remplir cette tâche. Cependant, l’adaptation à ce rôle de certains types d’avions déjà en service s’est révélée particulièrement heureuse.

 

 

L’un des exemples les plus célèbres de cette adaptation est l’Hurricane MKIID utilisé par la RAF en Afrique du Nord. Armé de deux canons vikers de 40mm, montés sous les ailes, et de deux mitrailleuses .303 (7,62mm), il fut un adversaire redoutable pour les blindés allemands.

 

Petlyakov Pe-2.

 

Un autre appareil de légende fut le HAWKER TYPHOON 1 B, chasseur-bombardier britannique utilisé à des missions d’appui au sol et d’interdiction.

Il était équipé de quatre canons de 20mm et de points d’accrochage sous les ailes pour deux bombes de 500kg ou huit roquettes (configuration de la photo). Son rayon d’action opérationnel était d’environ 900km. Cependant, dans ce domaine, la force des Britanniques ne résidait pas dans les appareils utilisés mais dans l’organisation de la coopération entre les éléments terrestres et aériens.

Des équipes de liaison et des contrôleurs aériens avancés (FAC, Forward Air Controllers), dotés de véhicules blindés et de moyens radios adéquats, étaient mis en place dans les unités au contact avec l’ennemi. La coopération avec les armées de l’air alliées fut aussi un succès ; elle impliquait la mise en œuvre d’escadron de différentes nationalités opérant à partir de base avancées qui n’étaient parfois qu’à 15km de la ligne de front. Les méthodes britanniques d’organisation de l’appui aérien rapproché (CAS, close air support) et de fonctionnement des contrôleurs aériens avancés ont été appliquées en Europe en 1944. C’est sur ces méthodes que sont basés les principes actuels d’appui au sol.

 

A propos de form11

Nicolas de lemos Nicolas de LEMOS, 42 ans, marié 4 enfants, est passionné par l'aviation depuis sa tendre enfance. Atteint du virus de l'aéronautique, il devient le plus jeune guide cockpit du musée de l'air et de l'espace à 15 ans. Il passe alors ses week-end au musée de l'air où il s'évade dans des aventures aériennes. Les mercredis sont essentiellement consacrés au service historique de l'armée de l'air, où il étudie le manuel de vol de certains avions. Il s'oriente désormais pour l'histoire de l'aéronautique. En parallèle de ses études scientifiques pour la préparation de l'école de l'air, il passe son brevet de pilote de planeurs. Membre pendant 10 ans de l'association des amis du musée de l'air, il est actuellement le rédacteur en chef du SIOUX, dont l'objet est de relater l'histoire et la tactique militaire. Il est auteur de plusieurs articles sur l'histoire de l'aéronautique et de la tactique militaire.

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